Consommation d’électricité et de gaz : Quel budget prévoir ?

Consommation d’électricité et de gaz : Quel budget prévoir ?

Combien dépense-t-on réellement en énergie dans un appartement ? C’est l’une des premières questions que se posent les locataires avant de signer un bail. En effet, la note peut varier du simple au triple. Tout dépend de la taille du logement, du nombre d’occupants et de la période de l’année. Ainsi, se faire une idée précise de ces postes de dépense est indispensable pour gérer son budget sereinement.

Ce guide vous propose des données chiffrées actualisées. Vous y trouverez également une méthode simple pour estimer vos dépenses. De plus, nous vous donnons des conseils concrets pour alléger votre facture tout au long de l’année. Que vous soyez dans un studio parisien, un T3 à Lyon ou un appartement familial à Strasbourg, ces informations vous seront utiles.

Combien un appartement consomme-t-il en moyenne en France ?

Selon l’ADEME, la consommation annuelle d’un logement collectif se situe entre 2 000 et 6 000 kWh. Ce chiffre varie selon plusieurs paramètres. En effet, la superficie, le mode de chauffage et la performance thermique du bâtiment jouent un rôle majeur. Les habitudes des résidents ont également un impact important.

Repères chiffrés selon la superficie du logement

Voici les ordres de grandeur observés pour un appartement sans chauffage électrique, occupé en résidence principale :

Type de logementSurface (m²)Volume annuel (kWh)Coût annuel estimé
Studio / T120 – 35 m²1 500 – 2 200 kWh270 – 400 €
Appartement T235 – 55 m²2 200 – 3 200 kWh400 – 580 €
Appartement T355 – 80 m²3 200 – 4 500 kWh580 – 820 €
T4 et plus80 m² et +4 500 – 6 500 kWh820 – 1 180 €

Avec un chauffage électrique individuel, ces volumes peuvent doubler ou tripler. Ainsi, un appartement de 50 m² entièrement chauffé à l’électricité peut atteindre 5 000 à 7 000 kWh/an. La facture annuelle grimpe alors entre 900 et 1 260 €.

Une dépense qui varie fortement selon les saisons

Les besoins en énergie ne sont pas constants au fil des mois. On distingue ainsi trois grandes périodes :

  • Hiver (novembre à février) : c’est le pic de dépense. Le chauffage tourne à plein régime. De plus, les journées plus courtes allongent les plages d’éclairage artificiel. La note mensuelle peut donc être 2 à 3 fois plus élevée qu’en été.
  • Printemps et automne : période intermédiaire. Les besoins de chauffage sont ponctuels. En conséquence, les dépenses se stabilisent à un niveau modéré.
  • Été (mai à août) : consommation minimale sans climatisation. Toutefois, si vous disposez d’un climatiseur, ce seul poste peut représenter 30 à 40 % de la facture estivale.

Le gaz naturel dans un appartement : volumes et coûts à anticiper

Dans de nombreux logements collectifs, le gaz naturel alimente la chaudière, le chauffe-eau et parfois la plaque de cuisson. Selon ENGIE et TotalEnergies, les volumes annuels diffèrent selon l’usage :

Usage du gazProfil typeVolume annuel (kWh)Coût annuel estimé
Cuisson uniquementStudio / T2200 – 500 kWh20 – 50 €
Eau chaude + cuissonT2 / T31 500 – 2 500 kWh150 – 250 €
Chauffage + eau chaude + cuissonT3 / T48 000 – 15 000 kWh800 – 1 500 €

Note régionale : le climat local joue un rôle déterminant. Par exemple, à Strasbourg, les hivers sont particulièrement rigoureux. Un T3 chauffé au gaz peut donc consommer 30 à 40 % de plus qu’un bien équivalent à Montpellier. C’est pourquoi il est important d’intégrer ce surcoût dans votre budget avant de vous installer.

Les principaux facteurs qui font varier la note énergétique

Deux logements de même surface peuvent afficher des factures très différentes. Plusieurs éléments expliquent ces écarts.

Le nombre de personnes dans le foyer

Chaque résident supplémentaire génère en moyenne 500 à 800 kWh/an de besoins additionnels. Les douches, la cuisson et les appareils personnels en sont les principales causes. Ainsi, un studio occupé par une personne seule ne se compare pas à un T2 partagé en couple. En colocation notamment, la mutualisation des équipements réduit le coût individuel. En revanche, la dépense globale du foyer augmente avec chaque occupant.

Le système de chauffage : collectif ou individuel ?

Le poste de chauffage représente 60 à 70 % des dépenses énergétiques d’un foyer selon l’ADEME. Deux situations bien distinctes existent :

  • Chauffage collectif (gaz ou fioul) : les frais sont répartis dans les charges de copropriété. L’occupant ne contrôle pas directement sa dépense. Toutefois, il ne supporte pas seul les coûts d’exploitation.
  • Radiateurs électriques individuels : la liberté de réglage est totale. En revanche, la responsabilité financière est entière. Dans les bâtiments anciens mal isolés, c’est souvent le scénario le plus onéreux.

Les équipements du foyer : quels sont les postes les plus gourmands ?

Hors chauffage, voici une estimation de ce que consomment annuellement les appareils les plus courants :

ÉquipementPuissance (W)Volume annuel (kWh)Coût indicatif/an
Réfrigérateur (classe A++)100–200 W150–300 kWh27–54 €
Chauffe-eau (200 L)2 000–2 500 W1 000–1 500 kWh180–270 €
Lave-linge (60°C, 5 kg/sem.)1 500–2 000 W150–250 kWh27–45 €
Lave-vaisselle1 200–1 800 W200–350 kWh36–63 €
Four2 000–3 500 W200–400 kWh36–72 €
Télévision (50 pouces)80–120 W50–120 kWh9–22 €
Ordinateur portable30–65 W50–150 kWh9–27 €
Éclairage LED (logement entier)Variable100–300 kWh18–54 €
Climatiseur (9 000 BTU)900–1 200 W200–500 kWh (été)36–90 €

La qualité thermique du bâtiment

L’enveloppe du bâtiment conditionne directement les besoins en chauffage. Murs, toiture et fenêtres jouent tous un rôle clé. Ainsi, un logement classé F ou G au DPE nécessite 2 à 3 fois plus d’énergie qu’un bien classé A ou B. Avant de signer un bail, consultez donc ce document. Il vous donnera une estimation réaliste de vos futures dépenses.

Comment estimer sa propre dépense énergétique ?

Plusieurs approches permettent d’obtenir une estimation fiable. Voici les principales, du plus rapide au plus précis.

Le suivi via le compteur communicant

Le compteur Linky est aujourd’hui installé dans la quasi-totalité des logements français. Il transmet automatiquement les relevés à Enedis. Ainsi, via l’espace client de votre fournisseur ou l’application Enedis, vous accédez à votre historique jour par jour. C’est donc l’outil le plus fiable pour repérer les pics et identifier les équipements les plus gourmands.

Le calcul appareil par appareil

La formule de base est la suivante :

Volume (kWh) = Puissance (kW) × Durée d’utilisation (heures) × Nombre de jours

Exemple : un radiateur de 1 500 W fonctionne 6 heures par jour pendant 120 jours d’hiver. Il consomme alors 1,5 × 6 × 120 = 1 080 kWh. Cela représente environ 194 € au tarif en vigueur.

Les simulateurs des fournisseurs d’énergie

EDF, ENGIE et TotalEnergies proposent des outils gratuits en ligne. En effet, ces simulateurs estiment votre dépense annuelle selon votre surface, vos équipements et votre mode de chauffage. Ils permettent également de comparer les différentes formules tarifaires disponibles sur le marché.

Abonnement, tarif et facture : comprendre sa note d’électricité

La note d’électricité comprend deux parties. D’un côté, une part fixe : l’abonnement, lié à la puissance souscrite en kVA. De l’autre, une part variable : le coût des kWh réellement utilisés. En 2025, le Tarif Réglementé de Vente (TRV) d’EDF est d’environ 0,18 €/kWh en option Base.

Puissance (kVA)Profil recommandéAbonnement mensuelAbonnement annuel
3 kVAStudio, 1 personne, usage minimal~9 €~108 €
6 kVAT2/T3, usage standard~12 €~144 €
9 kVAGrand appartement ou chauffage électrique~16 €~192 €
12 kVAT4+, usage intensif~20 €~240 €

Pour un T2 de 45 m², la note mensuelle se situe entre 35 et 60 € en été. En revanche, en plein hiver avec des convecteurs, elle peut atteindre 90 à 150 €.

L’option heures creuses : pour qui est-elle rentable ?

La formule Heures Pleines / Heures Creuses (HP/HC) donne accès à un tarif réduit. Concrètement, c’est environ 20 à 25 % moins cher pendant les plages creuses, généralement de 22h à 6h. Elle est donc intéressante si vous pouvez décaler certains usages :

  • Chauffe-eau programmé pour chauffer la nuit
  • Lave-linge et lave-vaisselle lancés en soirée tardive
  • Recharge d’un véhicule électrique
  • Système de chauffage à accumulation

En revanche, si votre consommation est concentrée en journée et en soirée, l’option Base reste souvent plus avantageuse. En effet, l’abonnement HP/HC est légèrement plus élevé.

Réduire sa note d’énergie : les actions les plus efficaces

Alléger sa facture ne requiert pas toujours de grands travaux. En effet, plusieurs gestes simples et ajustements ciblés produisent un effet visible sur la note annuelle.

Agir sur le chauffage en priorité

C’est le levier le plus puissant. En effet, ce poste représente la majorité des dépenses en période froide. Voici les actions les plus efficaces :

  • Maintenez 19°C dans les pièces de vie et 17°C dans les chambres. En effet, chaque degré supplémentaire représente 7 % de dépense en plus.
  • Programmez une réduction de 3 à 4°C la nuit et en cas d’absence prolongée.
  • Aérez 10 minutes par jour plutôt que de laisser les fenêtres entrouvertes. Ainsi, vous perdez jusqu’à 5 fois moins de chaleur.
  • Posez des joints d’étanchéité sur les fenêtres et portes mal calfeutrées. Une simple bande adhésive peut en effet réduire les pertes de 10 à 15 %.

Optimiser l’utilisation des appareils du quotidien

  • Préférez des équipements labellisés A ou mieux. Par exemple, un réfrigérateur récent consomme jusqu’à 3 fois moins qu’un modèle de dix ans.
  • Lavez à 30 ou 40°C plutôt qu’à 60°C. Vous réalisez ainsi une économie d’environ 40 % sur ce seul poste.
  • Éteignez complètement les appareils au lieu de les laisser en veille. En effet, ce mode représente 10 à 15 % de la note totale d’un foyer.
  • Dégivrez régulièrement le réfrigérateur. En effet, 3 mm de givre augmentent la dépense de 30 %.
  • Remplacez les ampoules restantes par des LED. Vous obtenez ainsi 80 % d’économies pour un rendu identique.

Maîtriser les postes liés à l’eau chaude

  • Préférez les douches aux bains. En effet, une douche de 5 minutes mobilise 60 litres d’eau chaude, contre 150 à 200 litres pour un bain.
  • Réglez la température du chauffe-eau à 55°C maximum. C’est à la fois la recommandation sanitaire et la plus économique.
  • Programmez le chauffe-eau en heures creuses si votre contrat le permet. Vous réduirez ainsi significativement votre facture.

💡 Bon à savoir : Les dégâts des eaux sont parmi les sinistres les plus fréquents en location. Un chauffe-eau défectueux ou un lave-linge qui fuit en sont souvent la cause. Votre assurance habitation peut couvrir ces incidents. Encore faut-il disposer des bonnes garanties. Pour choisir la formule adaptée, consultez notre guide : Assurance habitation en location meublée : que choisir ?

Intégrer l’énergie dans son budget locataire

Les charges d’énergie représentent en moyenne 50 à 120 € par mois dans un appartement type. Ce poste est souvent sous-évalué lors de la planification budgétaire. C’est pourquoi il mérite d’être intégré dès la recherche de logement, au même titre que le loyer.

Dépenses mensuelles estimées pour un T2 de 45 m² (1 personne)

Poste de dépenseÉté (juin–août)Hiver (déc.–fév.)
Abonnement (6 kVA)12 €12 €
Part variable (kWh)25 – 40 €80 – 130 €
Eau chaude sanitaire15 – 25 €20 – 35 €
Éclairage5 – 10 €12 – 20 €
Gros appareils ménagers15 – 25 €15 – 25 €
TOTAL estimé72 – 112 €139 – 222 €

Voir aussi : Les charges d’énergie ne sont qu’un élément parmi d’autres à prévoir. Pour avoir une image complète du coût de la vie en ville, découvrez nos guides : Budget pour vivre à Nantes et Budget pour vivre à Strasbourg.

Vivre à plusieurs : quel impact sur la note énergétique ?

La colocation présente un avantage financier évident. En effet, les charges se répartissent entre plusieurs personnes. Ainsi, un grand appartement partagé entre trois colocataires revient moins cher par tête qu’un studio en solo. Quelques points méritent toutefois d’être anticipés :

  • La mutualisation des gros appareils évite les doublons. En conséquence, elle réduit la dépense globale du foyer.
  • Les habitudes de chacun peuvent créer des frictions. C’est pourquoi il est conseillé d’établir des règles communes dès l’entrée dans les lieux.
  • La question du contrat d’énergie mérite d’être clarifiée avant l’emménagement. En effet, le nom du titulaire et la puissance souscrite ont des conséquences pratiques.

À lire avant de signer : La structure du bail influe directement sur la répartition des charges entre colocataires. Un bail unique implique une solidarité différente d’une configuration à baux individuels. Pour comprendre les enjeux, lisez notre article : Colocation meublée : bail unique ou baux individuels ?

Aides financières et dispositifs pour alléger la facture

Plusieurs mécanismes publics permettent de réduire ses dépenses d’énergie. Voici les principaux.

Le chèque énergie

Ce dispositif est attribué automatiquement aux ménages à revenus modestes. Il peut être utilisé directement auprès de n’importe quel fournisseur. Le montant varie entre 48 € et 277 € par an. Il dépend de la composition du foyer et des revenus déclarés. Aucune démarche n’est nécessaire : le chèque est envoyé par courrier chaque printemps.

Le tarif réglementé et le bouclier tarifaire

Le Tarif Réglementé de Vente (TRV) offre une stabilité que les offres de marché ne garantissent pas toujours. Il est accessible chez EDF et les distributeurs locaux. Par ailleurs, les pouvoirs publics peuvent activer un bouclier tarifaire pour limiter les hausses. C’est notamment ce qui s’est produit entre 2022 et 2024.

MaPrimeRénov’ pour les propriétaires bailleurs

Vous êtes propriétaire d’un appartement en location ? Dans ce cas, MaPrimeRénov’ peut financer des travaux d’isolation ou de remplacement du système de chauffage. Ces améliorations améliorent le DPE du logement. Elles réduisent ainsi les dépenses de vos locataires et valorisent votre patrimoine.

Questions fréquentes

Quelle est la dépense mensuelle moyenne en kWh pour un appartement ?

Pour un T2 de 45 m² occupé par une personne, la consommation se situe entre 200 et 280 kWh/mois sur l’année. En plein hiver avec des convecteurs, ce chiffre peut atteindre 400 à 600 kWh/mois. En été, en revanche, il descend souvent sous les 150 kWh.

Quelle puissance souscrire pour son logement ?

3 kVA suffisent pour un studio sans gros appareils. Pour un T2 ou T3 avec un usage standard, 6 kVA est recommandé. En revanche, avec un chauffage électrique, prévoyez 9 ou 12 kVA selon la surface. Cela permet d’éviter les disjonctions lors des pics de charge.

Gaz ou électricité : lequel revient moins cher pour se chauffer ?

À usage équivalent, le gaz naturel reste globalement moins onéreux. Son prix est d’environ 0,10 €/kWh contre 0,18 €/kWh pour l’option Base électrique. Toutefois, les pompes à chaleur modernes produisent 3 à 4 kWh de chaleur par kWh consommé. Elles rivalisent donc désormais avec le gaz sur le plan économique.

Comment vérifier que ma consommation est normale ?

Consultez votre historique via l’espace client de votre fournisseur ou l’application Enedis. Comparez ensuite avec les moyennes de l’ADEME pour un foyer de votre profil. Une dépense anormalement élevée peut révéler un équipement défectueux. Par exemple, un chauffe-eau qui ne s’arrête pas ou un réfrigérateur hors d’âge.

Quelle est la différence entre kWh et kVA ?

Le kWh mesure l’énergie effectivement utilisée. C’est ce qui apparaît sur votre relevé de consommation. Le kVA, quant à lui, désigne la puissance maximale disponible simultanément. C’est le calibre choisi à la souscription du contrat. S’il est trop faible, il provoque des coupures automatiques dès que plusieurs appareils fonctionnent en même temps.

Ce qu’il faut retenir avant de chercher un logement

Les dépenses énergétiques d’un appartement dépendent de nombreuses variables. La superficie, les équipements, le mode de chauffage et la saison jouent tous un rôle. Pour un T2 standard, comptez entre 50 et 150 € par mois. Toutefois, ces écarts peuvent être importants selon que le logement est bien isolé ou non.

L’essentiel est donc de connaître ses usages et de comparer les offres tarifaires disponibles. Quelques ajustements bien ciblés permettent de réduire la note de 15 à 30 %. Par exemple, maîtriser la température de consigne, programmer le chauffe-eau en heures creuses ou remplacer les ampoules par des LED. Ces gestes simples ne nécessitent pas de changer radicalement son mode de vie.

Ces charges méritent ainsi d’être intégrées dès la recherche de logement. En effet, elles s’ajoutent au loyer et aux charges de copropriété. Lodgis met à votre disposition plus de 10 000 appartements meublés partout en France à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Nantes et bien d’autres villes. Trouvez ainsi le logement qui correspond à votre projet et à votre budget.